Je poste ici les nouveaux chapitres de Projet 24 heures pour les interessees. Merci de me laisser des commentaires sur le contenu de la fic. On espere que le forum reglera les problemes le plus rapidement possible…
Chapitre 12 ~1h11
Apres avoir chante une nouvelle chanson, je repose mon micro sur la table devant nous.
- Oh mon dieu, c’etait vraiment catastrophique, s’exclame Sonoko. C’est pas possible d’etre aussi mauvais quand meme. Dis Ran, tu es sure que tu ne veux pas changer ? Ca doit pouvoir encore se negocier.
Je lui lance un regard vexe. Si elles trouvent que je chante si mal que ca, alors pourquoi avoir mis tant d’insistance a me pousser sur l’estrade avec le micro ? Je vois Ran repondre par un vague sourire embarrasse et hausser les epaules.
- Je pense que je me contenterai de ses maigres talents de chanteur. Je ne l’ai pas choisi pour ca.
- N’empeche que tu as de la chance qu’il ne t’ai pas chante une serenade pour faire sa declaration.
Je pourrais bien sur rappeler a Sonoko qu’elle nous a aussi gratifie de plusieurs canards memorables durant la soiree mais je prefere m’abstenir de toute reponse. A la place, je jette un oeil a ma montre pour voir combien de temps il nous reste devant nous. J’entends a ce moment la Miyano me dire :
- Il est bientot une heure et quart. Il va bientot falloir penser a bouger. Vos parents ne devraient pas tarder a arriver.
Je me contente de hocher la tete tout en ajoutant :
- Ce serait quand meme bien qu’ils se montrent les deux autres. On arrive a la fin du forfait. Je ne sais pas ce qu’ils font mais si ca continue, il faudra que quelqu’un aille les chercher.
- Ca vrai que ca fait un moment qu’ils ont disparus, ajoute Ran qui commence a mettre de l’ordre dans la piece. J’espere que tout se passe bien pour eux.
- En une demi-heure ils ont certainement eu le temps de s’expliquer.
- 24 minutes pour etre exact, ajoute a nouveau Sonoko en examinant son telephone. Soit ils se sont expliques, soit ils se sont entretues.
Tout en en empilant les catalogues sur la table, je pousse un leger soupir et lui repond :
- Connaissant les energumenes, c’est vrai que les deux possibilites sont envisageables.
A ce moment precis, la porte s’ouvre et je vois Hattori penetrer dans la piece suivi de sa meilleure amie. Il s’avance vers moi avec un air particulierement calme.
- On avait peur que vous soyez deja parti, me dit-il sur un ton d’excuse. Oh, attendez les filles, on va vous aider a ranger.
Je les observe tous les deux un moment. Ils sont etrangement paisibles. Beaucoup trop les connaissant. Je mettrais ma main a couper qu’il s’est passe quelque chose. Je m’avance pres de Hattori pour lui donner un coup de main. Il agit comme si de rien n’etait mais en meme temps, il n’a pas l’air specialement abattu. J’en deduis que la petite mise au point a finalement aboutit a un resultat positif. Je me tourne discretement vers Ran dont les yeux semblent refleter le meme sujet d’interrogation que moi. Je lui reponds par un magnifique sourire pour la rassurer. Je peux alors observer ses levres s’etirer a son tour sur son visage tandis que je me redresse et fait part a mes compagnons qu’il est temps de quitter les lieux.
Quelques minutes plus tard, nous marchons tous ensemble dans les rues desertes de Beika jusqu’au parking ou mes parents et ceux de Ran ont prevu de nous retrouver. Tous nos amis ont decide de nous raccompagner jusque la. Hattori, le professeur et moi meme avancons a quelques dizaines de metres devant les filles. J’avoue que je commence serieusement a etre ereinte de la journee.
- Est-ce que tes parents vont te transmettre une partie des enveloppes* pour que vous ayez du liquide sur place ? me demande le professeur au sujet du voyage de noce.
Il fait relativement froid dans les rues a cette heure avancee de la nuit. Je resserre les pans de mon manteau tout en me tournant vers mes deux amis dont le visage est eclaire par la faible lueur des reverberes.
- Non, mon pere me prete une de ses cartes de credit americaine. Il m’a dit que meme si beaucoup de touristes japonais le font, ce n’est pas forcement tres raisonnable de se promener avec de grosses sommes d’argent liquide la bas.
- Qui va s’occuper de votre argent alors ?
- Je crois que ma mere et celle de Ran vont s’arranger pour faire les comptes et les placer a la banque pendant notre voyage.
- Vous etes quand meme des chanceux d’avoir fini vos examens. Pense a moi Kudo, j’ai une semaine d’enfer qui m’attend.
Je hausse les epaules.
- Si il avait fallu, on aurait attendu encore une ou deux semaines pour le voyage de noce. Et puis d’abord, de quoi tu te plains ? Tu ne devrais pas avoir de difficultes a etre accepte a l’universite de Kaiho, non ? Et elle non plus.
- Sans doute mais moi je ne vais pas avoir la chance de me dorer la pillule au soleil pendant une semaine.
Je lui souris.
- Bah, tu vas bien avoir de quoi me rattraper d’ici quelques moi non ?
Le voila qui tourne la tete en grimacant. Bien qu’il fasse relativement sombre, j’arrive a percevoir de la couleur sur ses joues mates.
- Ca, c’est encore a confirmer.
- Bah, ca n’avait pas l’air de s’etre mal termine. Je veux dire, a voir votre tete quand vous etes revenus nous retrouver dans le box du karaoke.
- Elle ne m’a pas repondu, Kudo.
Je lui donne un amical coup a l’epaule.
- Tant fait pas, tu as encore quatre mois pour la persuader.
Il se tourne alors vers moi, un air absolument pas convaincu.
- Tu rigoles ? Il va falloir que j’en parle a mes parents, a sa famille et puis il faut faire les reservations. C’est maintenant que j’aurais besoin d’une reponse vu comment tournent les choses.
- En meme temps, ajoute le professeur, la date est-elle si importante que ca?
Cette fois, mon meilleur ami parait reellement embete pour repondre :
- … non, c’est pas ca… mais bon… c’est juste que…
Je ne peux m’empecher de laisser echapper un rire.
- Ne t’en fais pas je te dis. Et puis si tu tiens tant a entendre une reponse, je pense pouvoir t’aider.
Il me devisage sans comprendre alors que nous sommes a l’entree du parking. Je plonge une main dans une de mes poches.
- Je t’ai dis que je te revaudrais ton aide de cet apres midi. Je ne serais jamais parvenu a resoudre l’enquete seul a temps. Alors bon… il me semble que tu n’as pas specialement prevu d’endroit pour dormir, je me trompe ?
Son visage affiche cette fois un air completement ahuri. J’ai frappe dans le mille. C’est vrai qu’au telephone je lui avais annonce que ce serait facile de trouver un hebergement a l’hotel mais avec les differents evenements de la journee, cela lui etait visiblement completement sorti de l’esprit. Je sors alors une cle d’hotel et me met a la balancer vivement sous son nez.
- J’ai demande a ma mere de vous reserver quelque chose au Beika City Hotel. Ca pourrait etre l’occasion ideale pour parler avec « elle », non ?
Mais au lieu de tendre le bras pour s’emparer de l’objet, je le vois l’examiner avec une serieuse expression contrariee. Comme il reste a tergiverser sans dire un mot, je finis par l’appeler :
- Hattori ?
- … C’est que… Kudo…, avoue-t-il enfin, je ne suis pas sur que ca soit une si bonne idee… je veux dire de precipiter les choses comme ca.
- Abruti ! lui reponds-je en riant.
Je sors alors ma main gauche de mon autre poche et brandit un petit trousseau identique au premier en precisant :
- Je n’ai jamais dit qu’on vous avait pris une chambre pour deux. A quoi tu pensais, avoue ?
Je lui adresse un clin d’oeil alors qu’il s’empare brutalement des deux clefs d’un air embarrasse et marmonne un remerciement bourru. A quelques metres devant nous, je reconnais la voiture grise de ma mere. Nos parents ne sont pas loin, en train de discuter tranquillement. Mon pere eteint sa cigarette en nous voyant approcher. Nous nous arretons en arrivant a leur hauteur.
A suivre…
Note : les enveloppes dont il est question dans ce paragraphe font references aux enveloppes remises par chacun des invites qui sont venus assister a la ceremonie. Avant de pouvoir entrer, les invites signent un registre de presence et deposent la fameuse enveloppe qui contient une somme d’argent en guise de cadeau de mariage. Pour information, on m’a dit que la valeur moyenne de cet argent s’eleve envion a 40000 yens par personne (= soit environ 300 euros ! Et je ne parle que des mariages modestes). Apres il semblerait que la somme peut plus ou moins varier selon les individus mais autant dire que si on met peu d’argent en guise de cadeau, ca fait bien radin.